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    MINI GUIDE MAROC
    MARRAKECH - FES - ESSOUAOUIRA - OUARZAZATE - LES RIADS


    LES SITES A VOIR
     
    La ville rouge aux sept saints
    Marrakech est une ville impériale, elle fut au cours de ses 10 siècles d’histoire, à plusieurs reprises et sous plusieurs dynasties, la capitale du Royaume.
    Elle possède en son centre une place grandiose, la place Jemaâ-el-Fna.
    Centre géographique, social et culturel de la médina, autour duquel ont lieu les rencontres et les échanges depuis des siècles.
    De nos jours elle reste le passage incontournable où transitent camelots, marchand berbères, conteurs, charmeurs de serpents…
    Tout au long de son histoire, Marrakech a connu de grands bâtisseurs dont on peut encore admirer les réalisations : la Koubba Almoravide (12ème siècle), Bab Agnaou (splendide porte ornementale du 12ème siècle), la medersa Ben Youssef (école coranique du 16ème siècle) qui connut un rayonnement dans tout le Maghreb, la mosquée Ben Youssef et les tombeaux Saadiens (nécropole royale du 16ème siècle), le palais El Badii (16ème siècle), et les fontaines Chouf ou Mouassine aux proportions monumentales. De nombreux autres palais peuplent la médina, ils sont soient habités par des particuliers, ou transformés en maison d’hôtes ou restaurants.
    Vous découvrirez un art de vivre ancestral en séjournant dans les riads. Une rue pittoresque, une porte derrière laquelle se cache un véritable trésor. Un magnifique patio, véritable lieu de vie, où se mêle fleurs, arbustes, fontaine ou piscine, luxuriance de végétation. Tout autour sur plusieurs niveaux des galeries, menant aux chambres d’hôtes.
     FES
    Fès, la médiévale
    Une cascade de tuiles vernissées et de cubes blancs qui escaladent les pentes de la médina… A Fès, le temps semble s’être arrêté au Moyen-Age, au temps de sa fondation par la dynastie des Idrissides (VIIIè siècle). Cité impériale, capitale spirituelle et intellectuelle – son université fut crée avant celles de la Sorbonne et d’Oxford – la ville incarne à la fois le poids de l’héritage arabo-andalou et la permanence de la tradition. Flâner dans la vieille médina de Fès el-Bali, c’est explorer un mystérieux dédale de ruelles et de passages couverts où se dissimulent de somptueuses demeures jardins, des riads et des medersas (universités coraniques) tapissés de zelliges (marqueterie de faïences) et de stucs.
    C’est aussi plonger dans un univers chatoyant, aiguisant tous les sens… Nejjarine (menuisiers), Sebbaghine (teintureries), Seffarine (dinandiers), Attarine (marchands d’épices)…En musardant dans les souks, on compte ses pas comme dans une comptine. Un, deux, trois, …, allons par bab Guissa, quatre, cinq, six, …, vers la zaouïa Moulay Idriss. A sept on perd la tête, où est le chemin, quelle est cette placette ? A huit, personne ne s’en soucie, on écoute les sons de la médina, les « balak balak » (« dégage ») que lancent les portefaix pour se frayer un passage, le martèlement des outils des artisans, la mélopée du muezzin ; on respire, senteurs âcres du quartiers des tanneurs et parfums voluptueux des herboristes. A neuf, on remplit son panier neuf, une paire de babouches brodées, un plat à tajine vernissé, une étoffe chamarrée… Et à dix, on est prêt à recommencer ! Car Fès ne livre pas tous ces secrets d’emblée. Il faut persévérer.
    La cité artiste
    On les appelle « artistes singuliers » d’Essaouira, peintres autodidactes puisant dans leurs origines africaines la matière de leur inspiration, Mohammed Tabal le Gnaoui et ses masques, Ali Maimoune et ses animaux féroces, Abdelkader Bentajar et ses nuées peuplées de visages, et bien d’autres encore, dont la renommée a fait le tour du monde. Artistes singuliers pour une ville singulière. Posée entre ciel et mer, comme un rêve de ville, Essaouira brouille tous les repères. Côté terre, sa muraille ocre évoque le Sud marocain ; côté mer, ses remparts à la Vauban rappellent ceux de St Malo, la cité corsaire bretonne. Et ses maisons blanches aux volets bleus perchées au-dessus de l’Océan Atlantique nous parlent de Méditerranée et d’Andalousie. Comptoir phénicien, romain, - on y extrayait la fameuse pourpre de ses coquillages- puis portugais, carrefour des caravanes qui apportaient de Tombouctou, poudre d’or, ivoire, et plumes d’autruche, Essaouira garde la mémoire de toutes ces influences. Les zelliges (marqueteries de faïences) qui tapissent de ses belles demeures à colonnades de pierre s’inspirent des azulejos portugais, les étoiles sculptées au-dessus des portes sont la mémoire de son héritage juif, et la mélodie entêtante des qraqeb (crotales) des Gnaoua, ces descendants d’esclaves dont la musique est consacrée aux rites de guérison, ancrent définitivement l’ancienne Mogador en terre d’Afrique.
     Un port et ses îles
    La mer est omniprésente à Essaouira, ancienne île devenue presqu’île. Le matin, les sardiniers rentrent au port, suivis par des nuées de goélands. Sur les quais, les caisses s’entassent, promesse de festins –connaissez-vous les « sardines amoureuses » délicieusement farcies de coriandre et de cumin- ? C’est l’heure de siroter un verre de thé sucré avant de partir explorer la baie. Des kilomètres de sable blond et, au bout, de l’autre côté de l’île Mogador, l’embouchure de l’oueb Ksob, territoire des oiseaux. Un amas de pierres brunes crénelées émerge du sol, les restes d’un fort portugais construit sur un socle datant des Phéniciens. Là-bas au loin, la ville semble flotter au-dessus de l’océan. Ce soir, nous la verrons s’enflammer au crépuscule, depuis le bastion de la « sqala » du port, là ou Orson Welles tourna son Othello, flamboyante et romantique, comme ses héros.
    Les clefs du grand sud
    On dit souvent que le Sud commence à Ouarzazate. En fait, on sent les prémices bien avant. Passé le col du Tizi-n-Tichka, à une heure au sud de Marrakech, routes et pistes dévoilent les premières kasbahs (maisons fortifiées) … Kasbah de Telouet, dont la magnifique décoration intérieure tout en stucs, en zelliges (marqueterie de faïences), et en bois de cèdre peint, témoigne des rêves de grandeur du Pacha Glaoui ; kasbah de Tamtakh, aux tours croulant sous les nids de cigognes ; kasbah d’Aït Benhaddou, quintessence de la pureté de l’art berbère, inscrite au patrimoine de l’humanité… Mais la route du Grand Sud, celle des caravanes qui sillonnaient autrefois le désert, reliant les empires africains aux comptoirs de la côte, débute bel et bien à Ouarzazate. A partir de cette ancienne ville de garnison, deux options se présentent au voyageur : filer vers Zagora, puis M’hamid, à travers la vallée aux mille citadelles, aux milles palmeraies, aux gorges taillées dans le roc… Quelque soit son choix, au bout de la route, c’est l’infini solitude du désert qui l’attend. Au milieu des sables roses de l’erg Chebbi, à Merzouga, ou bien dans les dunes de Chigaga, au-delà de M’hamid, il ne lui reste plus qu’à rêver de poursuivre le voyage jusqu’à Tombouctou. A quelques dizaines de jours de chameau…
    Situés la plupart du temps au cœur des médinas, les riads constituent la plus authentique manière de résider dans les villes du Maroc. Avec leur décoration raffinée inspirée de l’architecture traditionnelle et leurs prestations soignées, ces demeures anciennes transformées en maison d’hôtes vous feront savourer l’art de vivre à la marocaine. La moyenne des chambres par établissement ne dépasse guère 6 chambres, sauf exception.
    Les riads sont classés en 1ère ou 2ème catégorie selon leur degré de raffinement, de commodités, de services.
    A savoir : il faut distinguer le riad du dar. Le riad est une maison édifiée autour d’un grand patio-jardin ; le dar (maison en arabe arabe) dispose d’un patio plus petit et pas toujours arboré. A Marrakech, les maisons se caractérisent par leur style sobre hérité des origines sahariennes de la ville. Le style arabo-andalous, plus fréquent à Fès, est, à l’opposé, d’une grande richesse décorative. Plus récent, le style Art-déco, qui date des années 20-30, est aussi plus rare.